Hand-ball Experts

Handball : « Experts », pour l’argent aussi

Comme de nombreux Français, j’aime le handball. Sport viril, rapide, technique, illustré de la plus belle manière par une équipe de France qui tient la tête des compétitions mondiales depuis de longues années. Championne du monde en titre et vice-championne olympique, il s’agit de la sélection la plus titrée de tous les temps. La génération que l’on surnomme « les Experts » est même considérée comme la plus talentueuse de l’histoire du handball international, devant l’équipe de Suède des années 1990. Elle s’est bâti en quelques années seulement un palmarès unique en remportant, entre 2006 et 2015, huit titres sur les douze compétitions qu’elle a disputées. Elle est devenue en 2015 la première équipe de l’histoire à gagner cinq titres mondiaux (1995, 2001, 2009, 2011, 2015) auxquels s’ajoutent trois titres européens (2006, 2010, 2015) et deux titres olympiques (2008 et 2012).

On comprend donc qu’avec une telle locomotive le handball français draine des spectateurs fort nombreux à chaque compétition de niveau mondial.

Un premier tour qui a attiré plus 300 000 spectateurs sur les quatre sites de compétition, les huitièmes de finale et la Coupe du Président ont confirmé l’engouement populaire autour du Championnat du monde 2017 : le record d’affluence pour un match de handball en France et une rencontre d’une grande compétition internationale (Championnat du monde, Championnat d’Europe, Jeux Olympiques) a été battu samedi avec 28 010 spectateurs au stade Pierre-Mauroy à Lille Métropole qui en a accueilli 16 200 dimanche pour Biélorussie/Suède.

À Albertville, la Halle Olympique a affiché un taux de remplissage de 100 % pour les deux huitièmes Norvège-ARY Macédoine et Hongrie-Danemark. L’Arena de Montpellier a accueilli 7 000 personnes pour Brésil-Espagne, 6 300 pour Croatie-Égypte.

20 000 spectateurs ont été recensés sur le week-end dans les tribunes de l’AccorHotels Arena de Paris pour Slovénie-Russie puis Allemagne-Qatar.

Ce soir auront lieu les quatre matches de quart de finale, en particulier celui qui opposera l’équipe de France à la Suède au stade Pierre-Mauroy de Lille Métropole à 19 h.

Pour la première fois depuis le début de la compétition, ce match sera visible par tout le monde sur une chaîne non payante (TF1 pour la 1ère mi-temps, TMC pour la seconde), et c’est justement cela qui m’incite à pousser ce coup de gueule.

Alors que nos chaînes de TV rivalisent pour accueillir des émissions d’une bêtise et d’une stupidité effarante, mais d’un coût qui l’est tout autant (combien gagnent un Hanouna ou un Barthes ?), aucune n’est capable de retransmettre l’intégralité des matches de l’équipe de France, jouant un championnat du monde qui se déroule… en France ! On est obligé de payer un abonnement à Bein Sports,  réseau qatari  de chaines de télévisions sportives, créé en 2012, appartenant depuis janvier 2014 à Bein Média Group, présidé par Nasser Al Khelaïfi.

L’argent a pourri le sport et notamment le premier d’entre eux, le foot, depuis longtemps, transformant les joueurs en gamins capricieux, pédants, méprisants et se sentant venus d’une autre planète. Essayons de préserver ce qu’il reste de glorieux et d’exemplaire. Le rugby est sur une mauvaise pente, le basket est américanisé. Restent le handball et le volley. Et si on les protégeait de l’ogre qatari ?

Patrice LEMAÎTRE

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