Toulon Bal masqué Verdi 27 janvier 2017

Un Bal masqué, première réussie à Toulon

C’était la première fois que l’Opéra de Toulon montait « Un ballo in maschera » de Giuseppe Verdi. La création eut lieu à Rome en 1859, la première représentation en France à Paris en 1861. L’inspiration originale demeure toutefois française, puisque dès 1833 avait été joué « Gustave III ou le Bal masqué », composé par Auber sur un livret de Scribe. Verdi connaissait ce précédent.

Néanmoins il dut transposer l’intrigue pour des raisons tout autant diplomatiques que politiques. Il n’était pas question à la fin des années 1850, ni en Italie tout juste réunifiée, ni en France sous le Second Empire, de mettre en scène l’assassinat d’un roi. C’est ainsi que le meurtre, réel celui-ci, du roi Gustave III de Suède en 1792 a été muté par Verdi en assassinat du Gouverneur de Boston aux jeunes Etats-Unis d’Amérique. Ce dépaysement lui permit de contourner le mur de la censure officielle, laquelle avait refusé précédemment l’œuvre à quelques reprises.

La mise en scène Nicola Berloffa, lors des représentations toulonnaises des 27, 29 et 31 janvier 2017, ainsi que les décors de Fabio Cherstich, accentuent volontairement l’effet de transposition dans le temps et dans l’espace voulus par Verdi pour pouvoir en fin monter son Bal masqué. Du coup, les costumes – créés par  Valeria Betella – des conjurés, directement issus de la mode western spaghetti, version Il était une fois dans l’ouest, apparaissent comme décalés dans un ensemble homogène par ailleurs. De même n’était-il pas nécessaire de les faire jouer avec  des armes à feu, de manière nerveuse et menaçante avec une récurrence compulsive dans la mise en joue de tel ou tel personnage.

Mais ces détails sont bénins. Nous avons eu droit à un Bal masqué de bonne facture, respectant l’intensité croissante de l’intrigue dramatique, sous la houlette rythmée et impérieuse de Rani Calderon. Avec l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Toulon parfaitement à l’unisson. La distribution, pourtant éclectique, donnait un rendu très harmonieux en qualité et coordination, d’Alexandrina Pendatchanska en Amelia à Gaston Rivero dans le rôle de Riccardo, avec Dario Solari Renato, Svetlana Sandler Ulrica et Anna Maria Sarra Oscar.

Après un duo Cavalleria Rusticana-Pagliacci endiablé en ouverture, puis un surprenant et intéressant Sweeney Todd, c’est à nouveau un belle saison qui se poursuit à l’Opéra de Toulon.

 

Marc FRANCOIS

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